Le Street Art en Algerie

Véritable moyen d’expression et de rébellion, le street art est de plus en plus présent, il habille les rues d’alger pour briser la grisaille quotidienne des Algériens, ces « Banksy » d’un genre nouveau, mettent en valeur des escaliers austères, ornent des murs à l’histoire chargée d’émotions, et refont le décor autour d’eux en redonnant un nouveau visage à aux ruelles d’Alger. Cet art, qui a pour réputation détartre vandale, est au contraire l’une des plus belles expressions de créativité et de liberté des jeunes Algériens. Le Street art en Algérie n’est pas si récent que ce que l’on croit, Le Tunnel des facultés a longtemps arboré cet apparat, tandis que les escaliers de la rue Saadane se fondent dans le décor tant par leur architecture que leur couleurs. Les techniques du Yarn bombing, les stickers, le pochoir, la réclame, les installations ou le graffiti sont toutes ralliées au street art ou art urbain.

L’Histoire d’un Art vandale :

La fin des années 90 a été ponctuée par la découverte d’AKM CREW, ce groupe créé par Harba, premier leader du graffiti algérien, utilisait les espaces publics de Tizi Ouzou et d’Alger conjointement comme toile vierge et source d’inspiration. On doit la naissance de AMOHN CREW aux AKM, ce groupe originaire de Tizi Ouzou a longtemps puisé son inspiration des œuvres d’AKM, abordant plus des thèmes sociaux que des messages politiques, on peut trouver leurs graffs un peu partout sur Tizi ouzzou.

Vivant désormais à Paris, KLASH 16 est également l’un des artistes fondateurs du street art algérien. Sans ambages, il a tagué tout Alger de ses pochoirs, comme son célèbre graffiti « Octobre 1988 » ou celui représentant Abdelaziz Bouteflika, qui pastiche celui d’Obama avec le slogan « Toz we can ». Se décrivant comme étant trash: « Je peux faire semblant, mais le subtil n’est pas algérien…La liberté, on te la donne pas. Tu l’arraches » dira-t-il.

De nombreuses figures du street art ont éclos ces dernières années aussi, Parmis les emblèmes de cet art mal-aimé un certain « El Panchow » ses travaux sont en réalité de véritables œuvres d’art urbaines et contemporaines, le message que l’artiste veut faire passer est très fort et percutant, on peut trouver bon nombres de ses œuvres dans les quartiers d’Alger comme Kouba, Garidi …etc.

L’espace Artissimo a aussi participer à l’émancipation de cet art en organisant en 2012 l’atelier Warachate, le mot signifie atelier en arabe. Sarah El Hamed et Karim Sergoua ont animés des ateliers de performances et d’interventions urbaines avec l’intervention de Noureddine Haddouche, incitant ainsi de jeunes artistes à révéler leur talent au grand jour.

En plus de rendre l’art plus accessible et abordable aux Algeriens, l’art urbain vient secouer ce conformisme qui enferme les riverains dans une sorte de platitude et apporte beaucoup de relief au paysage. Il vient aussi broyer les préjugés des graffitis anarchiques et du vandalisme.